Comment un arbre peut-il survivre au gel ?
En hiver, un arbre peut être exposé pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours, à des températures inférieures à 0 °C. Pourtant, de nombreuses espèces traversent cette période sans dommage important et reprennent leur croissance au printemps.
Cette résistance n’est pas due au hasard. Avant l’arrivée de l’hiver, les arbres adaptés aux climats froids mettent progressivement en place plusieurs mécanismes qui leur permettent de ralentir leur activité, protéger leurs cellules et augmenter leur résistance aux basses températures.
Mais tous les arbres ne possèdent pas la même rusticité. L’espèce, l’âge de l’arbre, son état physiologique, la durée du froid, le vent ou encore la culture en pot peuvent considérablement modifier sa capacité à supporter le gel.
Pourquoi l’eau contenue dans un arbre ne gèle-t-elle pas simplement comme dans une bouteille ?
Un arbre contient effectivement beaucoup d’eau. Or, lorsque l’eau gèle, des cristaux de glace se forment et peuvent endommager les cellules vivantes.
Les arbres résistants au froid disposent cependant de mécanismes permettant de limiter ces dommages.
Lors de l’acclimatation au froid, la composition des cellules évolue. Certains sucres et autres composés solubles s’accumulent et contribuent à protéger les structures cellulaires.
Chez de nombreuses plantes ligneuses résistantes, la glace peut également se former principalement à l’extérieur des cellules. Une partie de l’eau quitte alors les cellules, ce qui limite la formation de cristaux de glace à l’intérieur de celles-ci.
L’arbre ne devient donc pas « antigel » au sens strict : il possède différentes adaptations lui permettant de supporter la formation de glace dans certains tissus sans que toutes ses cellules soient détruites.
Un arbre se prépare-t-il au froid avant l’hiver ?
Oui. La résistance au gel se construit progressivement.
À la fin de l’été et en automne, la diminution de la durée du jour et la baisse progressive des températures constituent des signaux importants pour de nombreuses espèces.
La croissance ralentit, les nouvelles pousses commencent à se lignifier et les bourgeons entrent progressivement en dormance.
Dans le même temps, différents changements physiologiques augmentent la tolérance des tissus au froid.
Cette phase est appelée acclimatation au froid ou endurcissement.
Un arbre exposé progressivement à des températures de plus en plus basses peut ainsi devenir beaucoup plus résistant qu’un arbre surpris par un froid brutal alors qu’il est encore en pleine croissance.
Pourquoi les arbres perdent-ils leurs feuilles avant l’hiver ?
Chez les arbres caducs, la chute des feuilles fait partie de la préparation à la mauvaise saison.
Les feuilles sont des organes particulièrement exposés au froid, au vent et à la perte d’eau.
Avant leur chute, l’arbre récupère une partie des éléments qu’elles contiennent. La chlorophylle est progressivement dégradée, ce qui explique notamment les changements de couleur observés en automne.
Une zone d’abscission se forme ensuite à la base du pétiole et la feuille finit par tomber.
L’arbre passe alors l’hiver avec ses structures pérennes : racines, tronc, branches et bourgeons.
Un arbre sans feuilles en hiver n’est donc pas nécessairement en difficulté. Pour de nombreuses espèces, c’est exactement le fonctionnement attendu.
Que deviennent les bourgeons pendant le gel ?
Les bourgeons contiennent les futures pousses, feuilles et parfois les futures fleurs de l’arbre.
Ils doivent donc être capables de traverser l’hiver.
Chez de nombreuses espèces, ils sont entourés d’écailles protectrices qui limitent notamment la déshydratation et les agressions extérieures.
Leur état de dormance augmente également leur capacité à supporter les conditions hivernales.
Lorsque les conditions redeviennent favorables au printemps et que les besoins propres à l’espèce sont satisfaits, les bourgeons peuvent reprendre leur développement.
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Pourquoi la dormance aide-t-elle l’arbre à survivre à l’hiver ?
Pendant la dormance, l’activité visible de l’arbre est fortement ralentie.
Il ne cherche plus à produire continuellement de longues nouvelles pousses comme pendant la période de croissance active.
C’est essentiel, car les jeunes tissus en développement sont généralement beaucoup plus sensibles au gel que les tissus correctement endurcis.
La dormance permet donc de traverser une période défavorable tout en protégeant les structures qui assureront la reprise au printemps.
Cela ne signifie cependant pas que l’arbre est totalement inactif ou « mort » pendant plusieurs mois. Des processus physiologiques continuent à fonctionner à faible intensité.
Pourquoi certaines espèces supportent-elles -20 °C alors que d’autres souffrent dès les premières gelées ?
Parce que chaque espèce possède une rusticité différente.
Les arbres originaires de régions où les hivers sont froids ont généralement développé des adaptations leur permettant de supporter des températures négatives importantes.
À l’inverse, une espèce provenant d’un climat subtropical ou méditerranéen peut être beaucoup plus sensible.
La température minimale n’est toutefois pas le seul critère.
La durée du gel, l’humidité du sol, le vent, l’âge de l’arbre, son état physiologique et surtout le stade de développement auquel survient le froid peuvent modifier fortement les dégâts.
Une température donnée ne provoque donc pas exactement les mêmes conséquences dans toutes les situations.
Le Ginkgo Biloba résiste-t-il bien au froid ?
Le Ginkgo Biloba est un arbre caduc particulièrement intéressant pour les jardins soumis à des hivers froids.
À l’automne, son feuillage prend une remarquable coloration jaune doré avant de tomber. L’arbre entre ensuite dans sa période de repos hivernal.
Une fois correctement installé, le Ginkgo est connu pour sa bonne résistance aux basses températures.
Comme pour les autres arbres, les jeunes sujets et les arbres cultivés en pot demandent toutefois davantage d’attention que les arbres adultes bien enracinés en pleine terre.
Les Érables du Japon supportent-ils le gel ?
Les Érables du Japon sont des arbres caducs. Ils perdent donc naturellement leurs feuilles à l’automne avant de passer l’hiver sous forme de branches nues et de bourgeons dormants.
Des variétés comme l’Érable du Japon Bloodgood peuvent supporter des températures hivernales négatives lorsqu’elles sont cultivées dans de bonnes conditions.
Il faut cependant distinguer la résistance hivernale de l’arbre dormant de la sensibilité de ses jeunes pousses printanières.
Après le débourrement, les nouvelles feuilles sont beaucoup plus tendres. Une gelée tardive peut alors les endommager même si l’arbre lui-même est parfaitement capable de supporter un hiver froid.
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Pourquoi une gelée au printemps peut-elle être plus dangereuse qu’un gel en hiver ?
En plein hiver, un arbre rustique est généralement dormant et correctement acclimaté au froid.
Au printemps, la situation change.
Lorsque les températures augmentent, les bourgeons s’ouvrent et de jeunes feuilles, pousses et fleurs apparaissent.
Ces nouveaux tissus sont beaucoup moins résistants aux températures négatives.
Une gelée tardive peut donc endommager les jeunes feuilles ou les fleurs alors que le même arbre a supporté sans difficulté des températures beaucoup plus basses quelques semaines auparavant.
Ce phénomène est particulièrement important pour les arbres fruitiers.
Pourquoi le gel peut-il réduire une récolte de fruits ?
Les fleurs sont généralement beaucoup plus sensibles au gel que les branches dormantes.
Si une gelée survient au moment de la floraison, certaines structures florales peuvent être endommagées.
La fleur ne pourra alors pas toujours évoluer jusqu’au stade du fruit.
C’est pourquoi un Cerisier Bigarreau Burlat, un Poirier Conférence ou un Pommier Reine des Reinettes peut parfaitement survivre à une gelée tout en produisant une récolte plus faible si ses fleurs ont été touchées.
Résistance de l’arbre et résistance de ses fleurs ne doivent donc pas être confondues.
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Les racines peuvent-elles geler ?
Oui, mais elles bénéficient généralement d’une protection importante lorsqu’elles se trouvent en pleine terre.
Le sol constitue un isolant thermique. À quelques centimètres ou dizaines de centimètres de profondeur, les variations de température sont généralement moins brutales qu’à la surface.
Une couche de feuilles mortes ou de paillage peut également limiter les variations rapides de température au niveau du sol.
Les racines sont cependant généralement moins résistantes au froid que les parties aériennes correctement endurcies.
C’est notamment pour cette raison que la culture en pot demande une attention particulière en hiver.
Pour mieux comprendre leur fonctionnement, consultez Comment poussent les racines d’un arbre ?.
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Pourquoi un arbre en pot est-il plus sensible au gel ?
En pleine terre, les racines bénéficient de l’importante masse thermique du sol.
Dans un pot, elles ne sont séparées de l’air extérieur que par quelques centimètres de substrat et la paroi du contenant.
La motte peut donc refroidir beaucoup plus rapidement.
Plus le contenant est petit, plus les variations de température peuvent être rapides.
Le gel peut également affecter le substrat sur une plus grande proportion de son volume.
Un arbre capable de supporter l’hiver en pleine terre peut donc nécessiter davantage de précautions lorsqu’il est cultivé en bac.
Retrouvez également notre article Peut-on garder un arbre en pot toute l’année ?.
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Comment protéger un arbre en pot pendant l’hiver ?
La priorité est généralement de protéger davantage la motte que les branches d’un arbre rustique.
Le pot peut être placé dans un endroit abrité des vents froids, idéalement contre une façade protégée lorsque l’exposition convient.
Il est également possible d’isoler le contenant afin de limiter les variations brutales de température autour des racines.
Surélever légèrement le pot peut être utile lorsque cela améliore l’évacuation de l’eau, car un substrat durablement détrempé est défavorable au système racinaire.
Il faut également éviter de placer automatiquement un arbre caduc rustique dans une pièce chauffée : il a besoin de conserver son cycle saisonnier.
Faut-il arroser un arbre lorsqu’il gèle ?
Il ne faut pas arroser une motte gelée.
En revanche, l’hiver ne signifie pas nécessairement absence totale d’arrosage, particulièrement pour un arbre en pot.
Lors d’une longue période sèche, le substrat peut manquer d’eau même en hiver.
Si un arrosage est nécessaire, il est préférable d’intervenir pendant une période où le substrat est dégelé et où les températures sont positives.
La fréquence reste généralement bien inférieure à celle nécessaire pendant les périodes chaudes et actives.
Pour comprendre comment un arbre réagit au manque d’eau, consultez Un arbre peut-il avoir soif ?.
Le paillage protège-t-il réellement du gel ?
Oui, le paillage peut contribuer à limiter les variations rapides de température au niveau du sol.
Il ne transforme pas un arbre sensible au froid en arbre rustique, mais il constitue une protection intéressante pour le système racinaire.
Une couche de feuilles mortes saines, de copeaux ou d’un autre paillage végétal peut être installée autour du pied.
Il est préférable de laisser un espace autour du tronc plutôt que d’accumuler le paillage directement contre l’écorce.
Cette protection présente également l’avantage de limiter l’évaporation de l’eau du sol.
La neige est-elle dangereuse pour les arbres ?
Pas nécessairement.
Une couche de neige au sol peut même jouer un rôle isolant et limiter les variations de température autour des racines.
Le principal risque apparaît lorsque de grandes quantités de neige lourde s’accumulent sur les branches.
Le poids supplémentaire peut alors provoquer des déformations ou des ruptures, notamment sur certaines architectures fragiles.
La neige et le gel sont donc deux contraintes hivernales différentes.
Le vent augmente-t-il les effets du froid ?
Le vent peut accentuer le dessèchement des tissus exposés, notamment chez les végétaux persistants qui conservent leurs feuilles en hiver.
Lorsque le sol est gelé, les racines peuvent avoir plus de difficulté à compenser les pertes d’eau des parties aériennes.
Une exposition très venteuse peut donc être plus contraignante qu’un emplacement protégé, même lorsque les températures mesurées sont proches.
Le choix de l’emplacement est ainsi particulièrement important pour les espèces les moins rustiques.
L’Olivier peut-il supporter le gel ?
L’Olivier peut supporter des épisodes de froid, mais sa résistance dépend de nombreux facteurs : variété, âge, durée du gel, humidité, vent et conditions de culture.
Un froid bref n’a pas les mêmes conséquences qu’une longue période de températures fortement négatives.
Les jeunes sujets et les Oliviers cultivés en pot sont généralement plus vulnérables.
Dans les régions où les hivers sont froids, un emplacement abrité et une protection de la motte peuvent donc être particulièrement utiles.
Comment savoir si le gel a endommagé un arbre ?
Les dégâts ne sont pas toujours visibles immédiatement.
Après un épisode de froid, certaines jeunes feuilles peuvent brunir, devenir molles puis sécher. Les fleurs peuvent noircir et tomber. Certaines extrémités de rameaux peuvent également dépérir.
Il est souvent préférable d’attendre la reprise de végétation avant de tirer des conclusions définitives.
Des parties qui semblent endommagées juste après le gel peuvent être situées au-dessus de tissus encore parfaitement vivants.
La présence de nouveaux bourgeons ou de nouvelles pousses permet ensuite de mieux évaluer les zones réellement touchées.
Faut-il tailler immédiatement les parties gelées ?
Pas systématiquement.
Juste après un épisode de gel, la limite entre les tissus morts et les tissus encore vivants peut être difficile à identifier.
Attendre que la reprise végétative soit plus claire permet souvent de mieux déterminer quelles parties ont réellement été endommagées.
Une taille trop précoce peut également exposer de nouveaux tissus si d’autres gelées sont encore possibles.
Lorsque la taille devient nécessaire, elle doit être adaptée à l’espèce, à la période et à l’importance des dégâts.
Un arbre qui a gelé est-il forcément mort ?
Non.
Le gel peut détruire certaines feuilles, fleurs ou extrémités de branches sans tuer l’ensemble de l’arbre.
Les parties situées plus bas peuvent rester vivantes et produire de nouvelles pousses lorsque les températures remontent.
La gravité dépend de la température atteinte, de la durée du froid, de la rusticité de l’espèce et de la partie de l’arbre concernée.
Il est donc préférable d’observer l’évolution de l’arbre au printemps avant de conclure qu’il est perdu.
Pourquoi choisir un arbre adapté à son climat reste la meilleure protection ?
Les protections hivernales peuvent être utiles, mais elles ont leurs limites.
La meilleure stratégie consiste à choisir une espèce dont la rusticité est compatible avec les températures normalement rencontrées dans le jardin.
Il faut ensuite tenir compte de l’exposition, du vent, du type de sol et du mode de culture en pleine terre ou en pot.
Un arbre adapté à son environnement demandera généralement beaucoup moins d’interventions pour traverser l’hiver.
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Questions fréquentes sur les arbres et le gel
À partir de quelle température un arbre gèle-t-il ?
Il n’existe pas de température universelle. La résistance dépend de l’espèce, de la variété, de l’état de dormance, de l’âge de l’arbre, de la durée du froid et des conditions de culture.
Pourquoi un arbre résiste-t-il mieux au gel en hiver qu’au printemps ?
En hiver, un arbre rustique est généralement dormant et acclimaté au froid. Au printemps, les jeunes feuilles, pousses et fleurs nouvellement formées sont beaucoup plus sensibles aux températures négatives.
Un arbre sans feuilles en hiver est-il mort ?
Non. Chez les espèces caduques, la chute des feuilles est normale. Les bourgeons restent présents sur les branches et permettent la reprise de végétation au printemps.
Les racines peuvent-elles mourir à cause du gel ?
Oui si elles sont exposées à un froid suffisamment intense. En pleine terre, elles bénéficient cependant de l’isolation du sol. En pot, elles sont davantage exposées aux variations de température.
Faut-il rentrer tous les arbres en pot pendant l’hiver ?
Non. Cela dépend de l’espèce et du climat. De nombreux arbres rustiques peuvent rester dehors. Une pièce chauffée peut même perturber le cycle hivernal d’un arbre caduc qui a besoin de dormance.
Le paillage empêche-t-il le sol de geler ?
Il ne garantit pas l’absence de gel, mais il limite les variations rapides de température et apporte une protection supplémentaire aux racines superficielles.
Peut-on arroser un arbre en hiver ?
Oui lorsque cela est nécessaire et que le sol est dégelé. Les besoins sont généralement plus faibles, mais un arbre en pot peut tout de même manquer d’eau pendant une période hivernale sèche.
Que faire après une forte gelée ?
Observez l’arbre et évitez les interventions précipitées. Les dégâts réels deviennent souvent plus faciles à identifier lors de la reprise de végétation.
Une gelée peut-elle empêcher un arbre fruitier de produire des fruits ?
Oui. Une gelée tardive peut endommager les fleurs sans tuer l’arbre. La récolte de l’année peut alors être réduite alors que l’arbre continue normalement sa croissance.
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